Les Hommes qui errent

Comment résister encore longtemps
Cachés six pieds sous terre ?
La tête entre les mains, serrant les dents, priant
Le corps plein de poussière
Et comment protéger nos enfants
De la grosse mitraille
Loin des tirs, des cris, des pleurs, des bombardements
Et des champs de bataille
Il y a un homme qui meurt
A chaque quart d’heure
Tu dis qu’il nous reste de l’argent
A peine de quoi vivre
Ils ont percé, démoli tous les bâtiments
Il n’y a rien pour nous retenir
Quittons la terre de nos parents
Pour fuir cette misère
S’il le faut, on traversera les océans
Pour pouvoir vivre en paix
Il y a des hommes qui meurent
Des familles qui pleurent
A chaque quart d’heure
On est partis avec tous ces gens
Dans les contrées désertes
Marché sous la chaleur, le froid, la pluie et souvent
Fouettés par les tempêtes
Jour et nuit jusqu’à l’épuisement
On avalait les kilomètres
Aux frontières à chaque fois contre paiement
On franchissait les barrières
Il y a des hommes qui errent
Autour de la Terre
Pour fuir un enfer
On en retrouve de temps en temps
Dans des camions-citernes
Sur des radeaux, dans des frigos et trop souvent
En tas de corps inertes
Allons-nous continuellement
Rester là, à nous taire
Fermer les yeux, ignorer ou faire semblant
De ne rien pouvoir faire
Il y a des hommes qui se perdent
Au fond de la mer
Pour une chimère

La ville la nuit

*

La ville la nuit
Ce sont de hauts rectangles
Noirs et gris
Aux fenêtres lumineuses

La ville la nuit
On appelle les taxis
En levant la main
Un doigt ou deux

La ville la nuit
Elle abrite les bandits
Les yeux cachés sous un chapeau feutre
Avant de faire feu

La ville la nuit
Il prend un verre de whisky
Dans un bar miteux
Du brouillard plein les yeux

La ville la nuit
Il ouvre son parapluie
Et puis il rentre chez lui…

*

Voici une seconde version avec un solo « trompette ».
Bon…vous remarquerez vite que j’ai bricolé, c’est le moins que l’on puisse dire. 😀

La jolie photo qui fait office de pochette de non-cd est l’oeuvre de mariaamanda0140 sur Pixabay (Licence CC0).

Christelle

Dès le premier regard
Une illumination
On se dit : « Qui est-elle ? »
N’est-ce pas une illusion ?
Christelle
Ses yeux font des étincelles
Instantanément familière
Singulièrement plurielle
C’est nickel

Et quand l’image est grise
En sous-exposition
Elle nous la colorise
Avec obstination
Christelle
La vie est un arc-en ciel
Pigmentation naturelle
Singulièrement plurielle, fidèle
Et c’est nickel
Si beau
Elle vole dans un ballon
Pour aller plus haut
Au-delà des horizons
Elle regarde l’avenir
Du haut d’un mirador
Et tout ça va sans dire
Elle montera encore
Christelle
La vie est une étincelle
Simplement à taille humaine
Singulièrement plurielle, plurielle
C’est nickel
(Qui m’a dit ça : Faut aller de l’avant ? )

Imposteur

Je suis un imposteur
Je me cache derrière mon ordinateur
Ainsi masqué je ne dévoile rien
Ce que je suis se voit de l’intérieur
Pas à l’extérieur
Je suis un imposteur
Qui pourrait dire qui je suis d’où je viens ?
La vérité sort si je le veux bien
Pressurisée dans une centrale à vapeur
Je n’ai pas peur
Je suis un imposteur
Je ne suis jamais de mauvaise humeur
Je vis à 200 kilomètres à l’heure
Et toi tu penses que je roule à combien ?
Mais tu ne me vois pas
Je ne ressemble à rien
A rien
La vie est un combat
Je suis un imposteur
Je ne suis pas à l’abri d’une erreur
A chaque instant rester à la hauteur
Car ma fausse identité le vaut bien
Je n’y peux rien
Je suis un imposteur
L’irréalité sans fausse impudeur
Popularité turbo-réacteur
Et toi, tu crois que je monte à combien ?
Mais tu ne me vois pas
Je ne ressemble à rien
A rien
La vie est un combat

Et quand tu danses…

Le plancher s’est illuminé
Une onde douce s’est levée
Des notes
Et toi tout contre moi serrée
Face à nos figures imposées
Nos doigts
Qui se nouaient
*
Quand vient le jour
Quand vient la nuit
Et quand tu danses ?
Et quand tu danses ?
Quand vient le soir
Quand tu m’oublies
Et quand tu danses
A quoi tu penses ?
*
Pas a pas on s’apprivoisait
Ensemble on aurait fait le tour
Du monde
Mais peu à peu tu t’éloignais
Était-ce de l’Idylle-choré ?
Fondu
Un temps levé ?
*
Quand vient le jour
Quand vient la nuit
Et quand tu danses ?
Et quand tu danses ?
Quand tu t’envoles
Quand tu m’oublies
Et quand tu danses
A quoi tu penses
Quand tu souris ?
Quand vient la Mort
Quand vient la Vie
Et quand tu danses
A quoi tu penses ?
Quand tu souris

Encore !

Ma tête est lourde, remplie de tout,
Remplie de vides bien trop chargée
Je suis à court, cherche un ressort
Afin de remonter
Je sais où le trouver
Je lui tends la main
Et elle me tend la sienne
A tout moment je peux l’appeler et demander
Qu’elle sache et me soutienne
D’illusions emballées
*
Oui, encore, demain
*
Je respire, je roule et je tire
Des bouffées de liberté
A petit feu ma vie se speede
Au point de se griller
Auto-évaporation
Pour quelle raison toutes ces questions étranges
Se bousculent dans ma tête
Au point de me manquer ?
Si je pose la question
*
Elle me dira oui encore
Tous les jours un peu plus fort
Elle me dira oui encore, plus fort plus loin
Elle me dira oui encore
Tous les jours un peu plus fort
Elle me dira oui, attends jusqu’à demain
*
Je vais vivre entre les lignes
Sniffer un trait sur mes misères
Chauffer le dos de la cuillère
Au point de me planter
Je suis en ébullition
Pour quelle raison toutes ces visions étranges
Se télescopent dans ma tête
Au point de se cracker ?
Je cherche l’absolution
*
Elle me dira oui encore
Tous les jours un peu plus fort
Elle me dira oui encore, plus fort plus loin
Elle me dira oui encore
Tous les jours un peu plus fort
Elle me dira oui encore jusqu’à demain
*
Encore demain…
Encore ! Encore ! Encore !

La Corde

Un jour on se lâche
Un jour on se noue
Un jour on se gâche
On prend les jambes à son cou
Mais quand elle enlace
S’accroche à mon pouls
Maintenant mes voiles
Qui resserrent les liens
*
Et puis tout à coup…
*
Un nouvel Espace
On évite les trous
Fils ailés de Dédale
On (se) brûle par les deux bouts
De filandreuses étoiles
Tombent de partout
Sur nos cathédrales
Et ce qui les soutient
*
Donne-moi la main
*
Et avant l’aurore
De tout ce qu’on a fait
Il ne reste plus rien
*
Pour ne pas perdre le fil
Et continuer encore
Il faut se hisser vers nos rêves
Tous les jours un peu plus fort
Si jamais de guerre lasse
Tiraillé par nos émotions
Avant que l’on nous écrase
Faites une révolution !

Molly

Molly
Si tu savais toutes les routes
Que j’ai empruntées dans ma vie
A porter mon sac à dos
Tous les drapeaux et les sémaphores
Me permettront-ils enfin, à l’avenir
De les emprunter encore ?
*
Molly
Si tu savais toutes les pages
Que j’ai pu tourner dans la vie
Pour rester un peu moins sage
Tous ces bateaux qui allaient si loin
Nous auraient emmenés en mer sans réfléchir
Et nous deux sans penser au lendemain
*
Molly
Si je savais toutes les heures
Que tu passais sur les chemins
A foncer à cent à l’heure
Tous les drapeaux et les sémaphores
T’auraient-ils aussi permis, à l’avenir
De les emprunter encore ?
De les emprunter encore ?

Quamquam festinas non est mora longa

Rock en latin – Ensemble de phrases latines tirées (« au hasard ») des Odes de Horace

O diua, gratum quae regis Antium,
Praesens uel imo tollere de gradu
Mortale corpus uel superbos
Uertere funeribus triumphos,
Te pauper ambit sollicita prece ruris colonus
Quamquam festinas, non est mora longa;
Licebit iniecto ter puluere curras.

O Déesse qui commandes  l’aimable Antium,
Tu peux relever un mortel du dernier abaissement
Ou changer en funérailles les triomphes superbes.
Le pauvre colon rustique t’assiège de sa prière inquiète
Bien que tu te hâtes, ton retard ne sera pas long,
Et tu pourras partir, après avoir jeté trois fois de la poussière.